Partie 2 - Banania perd sa place de leader




a) Devancée par la concurrence

 

 

       Malgré tous ses atouts, Banania a perdu sa place de leader depuis les années 1960. En effet, Banania est aujourd'hui fortement concurrencée par les marques de distributeurs, telles que Carrefour, Auchan, Leclerc ... mais aussi et surtout par la grande marque Nesquik. Cette dernière représente environ 28 % des parts de marché du cacao en poudre. Par ailleurs, on peut observer une nette diminution du chiffre d'affaire de l'entreprise (Banania). En France, au 31 Décembre 2005, il s'élevait à 36 128 744 €. Au 31 Décembre 2007, cette proportion est passée à  30 223 554 €. Celui-ci a donc diminué de 16,34 % en deux ans. Ces chiffres nous montrent bien cette baisse assez conséquente de la consommation de produits Banania depuis une trentaine d'années. On peut illustrer la perte de sa place de leader par le graphique qui suit, représentant un relevé de prix effectué dans le supermarché Carrefour-Beaulieu en Novembre 2008. Celui - ci est représentatif d'un facteur freinant l'achat de certains consommateurs, à savoir le prix. Les chiffres relevés correspondent au prix au kilogramme de certaines marques de cacao en poudre.

 

 

 

 

 

           En effet, on peut voir sur ce graphique que Banania offre trois sortes de cacao en poudre avec des prix très différents allant du Banania classique à 3,60€ jusqu'au Banania équitable à 11,20€, en passant par le Banania recette traditionnelle à 5,90€. Il est vrai que l'entreprise est devancée du point de vue des prix par les sous-marques en général, mais aussi par la marque symbolisé par sa boîte jaune et son lapin : Nesquik. De part ses prix élevés, Banania devient moins compétitive, c'est - à - dire qu'elle est moins capable d'obtenir des parts de marché ; les consommateurs seront donc moins réceptifs face à ses prix élevés. D'après notre sondage, cette concurrence serait aussi accentuée par l'originalité du produit qui plaît moins aujourd'hui, le fait que certains consommateurs trouvent un "arrière goût" légèrement trop accentué de banane. Enfin, des acheteurs de tous âges boycotteraient les produits Banania de part le caractère raciste qu'ils véhiculeraient.                 

 

 

 
b) Perte de son indépendance
        
    
 
 
Tout au long de son histoire, la marque Banania a souvent été vendue et revendue. 
D'abord acheté par Clin-Midy, ce laboratoire a vendu Banania au groupe américain "Best-Food" qui lui-même la cédé à Unilever. Cependant, c'est la holding Nutrial qui racheté Banania à Unilever en 2003 et qui détient toujours actuellement la célèbre marque de cacao. Pierre-Hervé Gautier, président-directeur général de Nutrial, a expliqué vouloir "créer un pôle d'activité dans l'épicerie sucrée à partir de marques présentes dans l'univers du petit-déjeuner, du goûter, du dessert et du grignotage" suite au rachat de Banania. Cette déclaration nous montre bien que Banania n'est en aucun cas une entreprise indépendante et a de nombreux comptes à rendre auprès de Nutrial, sa société mère. Nutrial a en fait acheté la marque Nutrimaine elle-même détentrice a plus de 50 % du capital de Banania. Ceci signifie que Banania est une filiale de Nutrimaine, elle-même détenue par Nutrial. Tout cela montre qu'en réalité la marque Banania est sous le contrôle des actionnaires de Nutrimaine, mais aussi de ceux de la holding Nutrial : Banania n'est donc pas libre de prendre des décisions 
 seule. Tous ces rachats ont certainement permis de faire 
perdurer la marque Banania, mais ils lui ont aussi fait perdre son indépendance.
 
 
 
 
 
c) Poursuivie par une image raciste

 

        Banania est aujourd'hui poursuivie par une image raciste qui s'accentue de plus en plus.

En effet, le rachat de Banania par Nutrimaine a provoqué quelques contestations comme notamment celle du Collectif DOM. Prenons l'exemple de ce collectif et de son communiqué : Le Collectif DOM assigne en justice la marque Banania dont il juge le slogan "Y'a Bon" raciste. C'est le 23 mai 2005 que le maître David M. Marty, a assigné devant le Tribunal de Grande Instance de Nanterre la société Nutrimaine, actuellement propriétaire de Banania. Le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais, à travers ce procès demande l'annulation totale de ces marques qui, pour lui, sont synonymes de racisme et "contraires à l'ordre public". Ce groupe affirme aussi que "ces marques qui jouent de l'image des noirs sans le moindre respect bafouent les personnes de couleur et constituent une humiliation et une blessure qui violent le respect et la dignité de la personne humaine". Ce Collectif s'est expliqué sur les raisons de ce procès. Pour eux, la société Nutrimaine, continue d'utiliser des clichés insultants pour les personnes de couleur noire, en exploitant l'image du tirailleur Sénégalais ainsi que du fameux slogan qui avait été créé au début du siècle dernier afin d'illustrer des campagnes publicitaires.

 

 

 
 

De plus, cette marque véhiculerait, notamment auprès des jeunes d'aujourd'hui, une image assez péjorative, négative, dégradante et raciste des personnes de couleur. En effet, elle les présente comme des êtres humains peu éduqués, s'exprimant de manière maladroite et primaire à peine capable de faire des phrases correctes ("Y'a Bon").  La première chambre civile du tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre, où a été plaidée l'affaire le 26 novembre, rendra son jugement le 22 janvier prochain.

Nutrimaine a de son côté été déboutée en novembre par le tribunal de commerce de Paris d'une action contre un éditeur musical qui avait utilisé sur une pochette de CD l'image du tirailleur sénégalais, communément associée à la poudre chocolatée. En effet, le fabricant de chocolat en poudre se bat pour empêcher l'exploitation gratuite de son icône, le tirailleur Sénégalais. La société avait attaqué en justice les éditions Milan Music après la publication d'un CD intitulé Au beau temps des colonies et celui-ci réunissais quelques classiques de la chanson française... La jaquette du CD affichais la reproduction du fameux tirailleur en train de boire son chocolat et Banania reprochait à l'éditeur de tirer profit de son image.

 Ce Collectif ,comme de nombreuses personnes aujourd'hui sont de l'avis que l'exploitation de ce slogan depuis le début du siècle dernier, marque les esprits de façon négative au point que certaines personnes finissent par assimiler Banania à la couleur de peau. Ce martelage, plutôt déplorable pourrait engendrer des actions violentes contres les enfants de couleur noire dans les cours d'écoles ou dans la rue. Par ailleurs, on pense aujourd'hui qu'il n'est pas pensable de porter en dérision l'image d'un bègue, d'un handicapé ou bien encore d'un homosexuel... Alors, pourquoi s'obstiner en continuant d'exploiter cet homme noir ? Aujourd'hui on pense davantage que ces choses ont eu leur temps... La société et les mentalités ont inévitablement changé donc l'humour présent dans la publicité d'aujourd'hui également. Banania, qui a fait le choix de rester fidèle à ses origines, n'a peut être pas trouvé la bonne stratégie pour maintenir sa place de leader auprès des Français...

 

 

 
 
 
 
Ce graphique à été réalisé grâce à notre sondage en Décembre 2008. Même si on remarque qu'aujourd'hui une part importante d'individus ne considère pas que Banania véhicule un caractère raciste, une part non négligeable pense en revanche que le côté raciste persiste. 
 
 
 
 
 
 
 
PrésentationPartie 1Partie 2  • ConclusionAnnexe